Les plus grands ballons captifs
jamais utilisés par l’Armée Américaine,
dans les opérations militaires en Afghanistan
 
    Aerohistory
     
Aujourd'hui, en Irak et en Afghanistan, les troupes Américaines utilisent les aerostats pour leur protection dans un programme appelé Rapid Aerostat Initial Development (RAID). Ainsi, depuis le début de son utilisation en Afghanistan en 2003 plus de 300 mâts et plus de 60 dirigeables souples sont en service en tant
 
qu'élément de surveillance permanent protégant les bases opérationnelles, améliorant la surveillance de jour et de nuit.

La compagnie Raytheon, leader dans le développement des technologies de défenses, est le principal fournisseur pour ce programme qui utilise un aerostat TCOM de 17 mètres (55 pieds) qui vole à 300 mètres d’altitude pour faire de la surveillance avec une sonde infrarouge électro-optique (avec un poids total de 90 Kg).
Les mâts font de 27 à 33 mètres.

Une fois relié au «Army Battle Command Systems» (ABCS), le système peut montrer une image opérationnelle complète et la
300ème mât d'amarrage
 
Ballon captif 17M - TCOM
 
vidéo en streaming émet sur l'Intranet militaire. Un tel service permet des décisions rapides sur le secteur opérationnel. La vidéo en streaming est automatiquement compressée pour s’adapter à la capacité des liaisons de chaque utilisateur. Les différents systèmes peuvent partager l'information et les images les uns avec les autres.
Juillet 2009 : le Canada a investi $23 millions dans l’achat de tours et d’aerostats, le tout équipé de caméras et de radars. Ceux-ci seront employés en Afghanistan pour la défense de la base et la surveillance. Les Canadiens ont noté le succès des forces Américaines grâce aux renseignements collectés et au système de sécurité de la base.
 
Aujourd’hui, l’armée est confrontée à un autre problème. À la différence des missiles ballistiques qui volent généralement de manière stable et prévisible, les missiles de croisière posent un défi particulièrement difficile en raison de leur capacité à voler en basse altitude, de ralentir et changer de directions.

L'Armée de l'Air peut faire voler des avions équipés de radars pouvant dépister des missiles de croisière, mais ces systèmes exigent beaucoup de main d'oeuvre et de ressources pour fonctionner.
Ceci a mené l'armée à réfléchir sur le potentiel des aerostats équipés de radars, des ballons captifs ressemblant à des dirigeables souples, pouvant détecter et dépister des missiles de croisière.

Après une série de démonstrations pour homologuer le concept, l'armée a lancé un programme appelé JLENS
     
avec la passation d'un contrat de développement $1.4 milliards à la société « Raytheon Integrated Defense Systems of Tewksbury ». Photo ci dessus (gauche) : Mars 2008 - Les soldats de Fort Bliss, Texas, testent le prototype de communication et la station de contrôle du JLENS
 
Le JLENS (Joint Land Attack Cruise Missile Defense Elevated Netted Sensor System) (système de détection et de défense en altitude contre les attaques au sol par des missiles de croisières) devra augmenter les possibilités de surveillance et aidera les défenses aériennes dans l’observation, l’évaluation et le soutien des engagements au-dessus des zones de combats.

Ainsi, le JLENS sera une plateforme de radar aéroportée. Ce système dépiste également les cibles mobiles de surface et détecte la trajectoire prévisionnelle des missiles ballistiques tactiques.

Raytheon a travaillé pour fournir deux systèmes JLENS, chacun comprend deux aerostats de 74 mètres, gonflé à l’hélium, l’un équipé d’un radar de surveillance (SuR) et l’autre d’un radar de contrôle de tir (marquage de la cible) (PTIR), les stations mobiles d'amarrage et le matériel de communications.

Les aerostats captifs fonctionneront jusqu’à 3 kilomètres (2 milles) d’altitude, fournissant la capacité de détecter et dépister des missiles de croisière jusqu’à 200 kilomètres (124 milles) dans chaque direction.

Les systèmes sont conçus pour fonctionner sans interruption pendant 30 jours, reviennent au sol pendant huit heures pour l’entretien et repartent de nouveau pour 30 jours.

En dépit de sa taille, il ne sera pas facile de viser l'aerostat JLENS parce que son manque de mouvement relatif le rend difficile à distinguer sur les radars.
 
De plus, comme les aerostats ne sont pas fortement pressurisés, les balles ne peuvent pas les faire exploser. Leur présence dans la zone de bataille permet la réaffectation des avions, plus coûteux, pour soutenir d'autres missions critiques.
Les premiers aérostats captifs font en réalité 71 mètres de long, les structures aérodynamiques souples sont remplies d'hélium et d'air. Chaque aerostat est attaché à une station mobile d'amarrage reliée à une station de traitement par fibre optique. Le SuR détecte la cible initiale, la transmet au PTIR qui génère une trajectoire de qualité pour le combat.
 
Le gonflement à l’hélium du premier aérostat au monde de 74 mètres, fabriqué par la société TCOM, et les essais en vol se sont déroulés à Elizabeth City, Caroline du Nord. TCOM est un sous-traitant de Raytheon.
L'aérostat JLENS est le premier de cette taille et c’est aujourd’hui le plus grand aérostat fabriqué. Il est relié au sol par un cable d’amarrage ancré à une station mobile de 82 tonnes, il couvre presque la longueur et la largeur d'un terrain de football. Il peut emporter près de 3 tonnes de matériel de communication et de radar, à une altitude de 3 000 m (10,000 feet).

En décembre 2009, l'aerostat sera transporté au the Army's Dugway Proving Ground, Utah, pour la pose de son radar de surveillance. Le deuxième aerostat et son radar de contrôle de tir seront assemblés chez Dugway en mai prochain (2010), et les deux plateformes seront intégrées en tant que système pour commencer les tests en septembre 2010.

Nous n’avons pas les caractéristiques du 74M (modèle pour l’armée) mais celles du 71M sont assez proches :
L'aerostat 71M® est le plus fiable et le plus moderne (avant le 74M) des aérostats au monde. C’est le plus grand des aerostats de TCOM dont la performance de monter à 4 500 mètres est restée inégalée.

Une longueur hors-tout de 71 mètres et une enveloppe de 16.000 mètres cubes permet au 71M® de soulever une charge utile maximum de 1 600 Kgs à une altitude élevée pendant une longue durée. Le 71M® peut être facilement équipés de radars très puissants à longue portée qui permettent la détection continue des cibles de surface et des vols des avions en basse altitude sous les 200 milles nautique.
l'aérostat 74M - dans le hangar de TCOM
 

Le programme complet comprendrait 18 JLENS soit : 18 PTIR, 18 SuR, 36 mâts d'amarrage et 36 station de traitement des informations.
Ci-dessous, extrait vidéo du journal télévisé du 2 août 2009. Les images ont été tournées dans la Vallée de Zormat. Au fond, on distingue un balon captif TCOM. Merci à Jacques Hochet du hangar d'Ecausseville (aérobase) de nous avoir signalé la présence de ces ballons sur le reportage de TF1.

 
   
 
TCOM s’est développé dans les années 60 et le début des années 70 en produisant des prototypes de radar et de systèmes de communications montés sur des ballons de barrage, lesquels appartenaient au gouvernement lors de la deuxième guerre mondiale. Provenant de Grande-Bretagne, ces ballons étaient trop instables pour fonctionner d'une manière satisfaisante en tant que plateformes aéroportées pour les applications prévues. En conséquence, une nouvelle famille d'aerostat a été conçue, construite et validée par la « Defense Advanced Research Projects Agency », la NASA et d'autres agences du gouvernement des États-Unis.
 
TCOM est pionnier dans les progrès les plus significatifs des systèmes d'aerostats captifs offrant le meilleur de la technologie dans les domaines de surveillance et de communication.

TCOM's Manufacturing & Flight Test Facility est situé près de Elizabeth City, en Caroline du Nord.

Cette compagnie se consacre à la conception, à la fabrication, à l'assemblage, à l'essai de vol et à la formation d'aerostats et de dirigeables.

Depuis 35 ans, TCOM a installé et mis en oeuvre des systèmes d'aerostats autour du globe : dans des environnements arctiques, tropicaux, désertiques aussi bien que dans les terrains montagneux.
Préparation des aérostats dans le hangar de TCOM
 
Radar en cours d'installation sur un 71M
 
Son principal atout est un énorme hangar en métal avec une zone pour les opérations de vol. Avec une longueur de 300 mètres, le hangar peut recevoir à six aerostats 71M® entièrement gonflés. Les portes de 500 tonnes permettent l'entrée et la sortie des véhicules jusqu'à 45 mètres de hauteur.
Les modèles courants sont de types 17M, 32M, 38M et 71M et le nouveau modèle « 74M » sous contrat pour livraison en 2009.
 
 
sources et crédits photos : globalsecurity - Raytheon - TCOM - Army.Mil  - Defense Update -